Maurice Rocher

Né en 1918 à Evron. Mort en 1995 à Versailles.

Avec Rouault et Chaïm Soutine il faisait partie des grands expressionnistes « vivant et travaillant en France ». Depuis, de nombreux artistes contemporains ont pris la suite, des « néo expressionnistes » qui pour quelques uns ont su traduire remarquablement l’humanité souffrante, révoltée et porteuse d’espérance.

 

Maurice Rocher était un solitaire, son atelier une tour d’ivoire, et à la fin de sa vie, presque aveugle, il continuait à lire les rapports des formes, des couleurs et la lumière avec une acuité surprenante. On se souvient de la rétrospective magnifique à la Sorbonne. Les jeunes découvrent maintenant sa peinture avec un grand intérêt.

 

Après les bruns et les noirs des premières œuvres rappelant Permeeke et Rouault, les roses, les violets sombres et surtout les rouges ont envahi les toiles. Il a fait éclater les formes des corps, des visages, des églises. Ces dernières bousculées, anthropomorphes évoquaient plus la femme que l'architecture.  Les décorés et les notables et même les scènes n’ont été que la dérision de l’époque et l’ont délivré de sa révolte.  Les femmes, ses idoles à la poitrine opulente, glorieuse, sont des « Carmen » carnassières, érotiques, « mangeuses d’hommes ».

 

« Il faut défaire le visage pour dire le visage ». Les suppliciés « êtres de chair et de sang » atteignent une sorte d’intemporalité « rouge sang séché avec sa connotation espagnole et tauromachique à laquelle je ne puis échapper ». Ils sont ma force, personne n’a peint cela ». Les derniers suppliciés sur fond noir sont presque transparent éclairés comme des vitraux.

 

Parce qu'il était « un homme blessé du dedans » et un peintre exigeant, il a su donner à ces peintures la force d’un expressionnisme profond et original et à ces suppliciés toute l'intensité de la douleur et de la pitié.

 

Cette peinture adhère pleinement à son temps et apporte sa contribution personnelle non seulement à l'histoire de l'expressionnisme mais à l'histoire de la peinture, parce qu'elle occupe une situation exemplaire dans un créneau minoritaire. Par son registre technique, sa vision amère, la puissance unique de son contenu, à égale distance entre ce qu'elle émet et ce qu'elle tait ou simplement suggère, elle n'en finit pas de traduire une dérive douloureusement éprouvée. Gérard Xuriguera

 

Je ne voudrais vendre aucun de ces « Suppliciés », j'en ai trop besoin pour vivre, à moins que ce ne soit pour mourir car que pourrai-je peindre après cela ?  Connu ou inconnu, qu'importe, le vent de l'histoire balaiera tout et chacun prendra sa place, je ne sais qu'elle sera la mienne, mais je sais qu'on ne m'enlèvera pas que ma vie et ma peinture ne furent qu'une seule chose.

 

Maurice Rocher


Œuvres


 

 

 

 

Expose depuis 1947 

Expositions personnelles à la galerie de 1989 à 1997 et de 2005 à 2007 

Nombreuses expositions en galerie et aux musées en France et à l’étranger

 

 

Collections publiques 

 

Musée d'Art Moderne de la ville de Paris

Musée d'Art Sacré Contemporain

Cité du Vatican , Rome

Musée Royal d'Art Moderne, Bruxelles (Belgique)

Gallery of Modern Art, Dublin (Irlande)

Ministère de l'Education de Hesse (Allemagne)

Musée de Cuauhtemoc (Mexique)